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Le métier d'enseignant : Découverte d'un Institut Spécialisé
Posté par Bernard le 18/01/2010 11:10:00 (168 lectures)

Amandine Muller, néo-titulaire 2ème année, a visité l'Institut Michel Fandre lors de la première session de formation T2.

L’école élémentaire d’Athis accueille un enfant porteur d’un handicap visuel : il est devenu complètement aveugle. Cet enfant est scolarisé à mi-temps à l’école (avec une AVS) en CP et à mi-temps à l’Institut Michel Fandre. Ma visite à l’Institut a pour but d’améliorer l’accueil de cet élève en milieu ordinaire et d’augmenter les relations entre les deux écoles.

L’institut

L’Institut Michel Fandre accueille des élèves déficients visuels, auditifs et des élèves ayant un trouble du langage. Ces élèves y reçoivent aussi des soins (orthophonie, locomotion…).

La classe des grands


Véronique GARNIER a en charge « la classe des grands » à mi-temps. Les deux autres jours de la semaines sont consacrés à la liaison avec les écoles ordinaires : elle se déplace dans les classes où sont scolarisés ses élèves. Son rôle : transcrire des documents en braille, adapter l’environnement de travail de l’élève, rencontrer l’AVS pour préciser son rôle.

Cette classe accueille le lundi 3 enfants de cycle 2 (2 aveugles et 1 déficient visuel et mental) et 3 enfants de niveau cycle 2/3 qui sont déficients visuels et mentaux. Les enfants scolarisés ont de 6 à 14 ans.

La classe est dotée de matériel adapté : des puzzles issus de maternelle, un jeu de dame avec des pions de forme différente, un loto sonore, olfactif, des globes terrestres en reliefs. Les déficients visuels disposent de loupes grossissantes, de pupitres qui permettent d’approcher les feuilles agrandies des yeux, de 2 ordinateurs ainsi que des outils ordinaires : classeurs – outils, dictionnaires…

Mon élève ne dispose pas de l’aide d’une AVS à l’Institut et, de fait, il réalise seul certaines tâches : enlever son manteau et l’accrocher à son porte-manteau, aller jusqu’à sa classe et s’asseoir à sa place. Une fois que la maîtresse a installé la Perkins (sorte de machine à écrire qui permet d’écrire en braille), elle demande à l’élève d’aller chercher une feuille. L’élève sait où ces feuilles sont rangées dans la classe et y va seul. Cela prend un peu de temps, mais l’élève réussit finalement sans aide. L’élève ayant enfilé la feuille dans la Perkins (manœuvre un peu délicate), la maîtresse lui donne des consignes (en continuité avec le travail réalisé en classe ordinaire).

Compétences travaillées
:

•    Utiliser la Perkins en mobilisant les bons doigts

•    Ecrire des mots contenant la lettre T (traduisant le phonème [t], [s] ou muette)



L’atelier de transcription

Jean-Noël Villenet est responsable de l’atelier de transcription. Il répond aux besoins des enseignants de 1er et 2nd degré qui accueillent un élève non voyant ou mal-voyant. Il transcrit en  braille   des   romans   ou des   manuels   scolaires  ou  les  commande  chez   les  éditeurs   s’ils existent déjà. Il réalise aussi en thermoformage des figures mathématiques,  des cartes de géographie thématiques…

Il est également équipé de logiciels de reconnaissance vocale (Dragon Naturally Speaking), d’un logiciel de lecture vocale (Jaws, dont 40’ sont gratuites, après il faut relancer le logiciel),   un logiciel pour l’apprentissage de la dactylographie (PC Tap), un logiciel d’agrandissement pour les textes et le curseur (Zoom Text)

La classe de maternelle


En début d’après-midi, un décloisonnement est organisé : Nicolas SAMYN prend les élèves de cycle 1 et 2 pour la découverte du monde. Il accueille avec une ATSEM 5 élèves de 3 à 7 ans. Deux élèves sont aveugles, les autres  sont déficients  visuels. Ces enfants combinent souvent plusieurs handicaps : mental, moteur, psychologique.

Thème de la séance : l’air, le vent. Des défis / expériences sont réalisés : Y a-t-il de l’air dans la bouteille vide ? Comment faire du vent avec un sac plastique ? Comment faire des bulles dans l’eau ? Chaque élève expérimente et sent l’air sur son visage.

En  synthèse,  les  plus   jeunes   sont  sur des   jeux  de construction  tandis  que  les   élèves  qui accèdent à l’écrit remplissent une trace écrite. Deux travaillent sur un document en braille, une élève sur une feuille agrandie au format A3.

Le cours de braille


Pendant   45   minutes,   deux   fois   pas   semaine,   mon   élève   apprend   le   braille   avec   Daniel REPOUX, un enseignant lui-même aveugle. Il travaille la position des mains sur la Perkins, la rapidité d’exécution en écrivant des mots.

Pour les calculs, il existe aussi un outil simple : le cubarithm. C'est une plaque rectangulaire de cases permettant de mettre des cubes de 1 cm d'arête contenant des points en relief. Ainsi, les élèves peuvent faire les quatre opérations.

Rédigé par Amandine MULLER

E.E. Athis

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