Connexion    
 + Enregistrement
  • Main navigation
Recherche
Portail EPS
Questions en débat : L'aide personnalisée
Posté par pascal le 19/10/2009 09:00:00 (45 lectures)

Roland Goigoux - L’aide personnalisée : un dispositif politiquement acceptable et pédagogiquement pertinent



Quelle est votre conception de ce que pourrait être cette aide ?

Donner plus d’école ! Il faut éviter d’élaborer des dispositifs trop lourds comme le sont les PPRE, des « usines à gaz » reposant sur l’illusion salvatrice du couple diagnostic / remédiation. Cette vision technocratique, basée sur une analogie avec le modèle médical des troubles, est inadéquate en pédagogie. Elle ne correspond ni au savoir-faire des enseignants, ni aux contraintes de l’exercice de leur métier. Ce n’est pas en multipliant les épreuves d’évaluation diagnostique que les maîtres connaîtront mieux leurs élèves : c’est en s’efforçant de leur enseigner plus de choses, en les accompagnant dans leurs cheminements intellectuels, en les aidant à réussir et à comprendre les tâches scolaires habituelles, en les soutenant par de nombreuses verbalisations et explications.



Vous prônez une aide qui n'a rien de personnalisée ...

C’est l’attention portée aux élèves qui se personnalise mais dans le cadre de tâches d’enseignement ordinaires, pour la plupart communes à tous les élèves. Il s’agit seulement – mais c’est déjà beaucoup – de poursuivre en petit groupe la différenciation pédagogique amorcée en classe. Il ne faut donc pas confondre aide ordinaire et aide spécialisée. Le « sur-mesure pédagogique » est un nouveau mythe auquel on doit résister si l’on ne veut pas rendre le métier d’enseignant impossible et obtenir l’effet inverse de celui recherché. Le maître d’école n’est pas un rééducateur, c’est un spécialiste de l’enseignement collectif dont la dynamique doit profiter aux apprentissages de chacun. C’est pourquoi notre première mission en formation est d’aider les enseignants à repérer à quel point les difficultés de leurs élèves se ressemblent. Lorsqu’ils connaissent les régularités et les similitudes développementales des apprentissages de leurs élèves, les maîtres parviennent à mieux prendre en compte les singularités de chacun.



Quand vous parlez de tâches scolaires, desquelles  parlez-vous ?

Ce sont des tâches d’enseignement proches de celles utilisées habituellement en classe mais qui se prêtent bien à un étayage soutenu. Nous les avons classées en 7 familles, désignées par sept verbes d’action, des plus courantes au plus novatrices :

1. Exercer (systématiser, automatiser) ;

2. Réviser (synthétiser, préparer une évaluation commune) ;

3. Soutenir (observer / accompagner l’élève au travail, étayer sa réalisation, verbaliser les objectifs et les contenus, expliciter les procédures) ;

4. Anticiper (préparer, réunir les conditions de la compréhension de la future séance collective : c’est une différenciation en amont) ;

5. Revenir en arrière (reprendre les bases, combler des « lacunes ») ;

6. Compenser (enseigner des connaissances et des compétences requises par les tâches scolaires habituelles mais peu ou non enseignées) ;

7. Faire autrement (enseigner la même chose autrement ou la faire enseigner par quelqu’un d’autre)



Mais n'y a t-il pas un danger : abandonner la classe comme espace de différenciation et de prise en charge de la difficulté...

 Nous faisons l'hypothèse inverse, confortée par nos observations de l’année écoulée, celle d’un accroissement de la différenciation en classe. Lorsqu’ils sont placés dans de bonnes conditions, avec des effectifs réduits, les enseignants apprennent à mieux connaître leurs élèves et la manière dont ils apprennent. Ils en profitent, en classe, pour ajuster certaines situations d’enseignement aux caractéristiques des élèves les moins performants qui étaient auparavant un peu masqués par le collectif.


Source : http://www.cafepedagogique.net/lemens ... s/2009/105_elem_aide.aspx

Format imprimable Envoyer cet article à un ami


Signets Sociaux

                   

Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.